J'ai appris sur le site Noise for VietNam qu'il existait une formation du nom de The good, the bad and the queen où Damon Albarn et Paul Simonon jouaient ensemble. Cela provoqua automatiquement ma curiosité, j'écoutai Herculean mais happé par le vortex de 18h30 je n'en entendis que la moitié et j'omis d'en penser quelque chose. J'aime bien Damon Albarn, Parklife de Blur me rappelle son époque façon madeleine, j'aime bien Gorillaz aussi. A une époque j'ai beaucoup écouté The Clash et la basse de Paul Simonon m'a souvent fasciné. White man in Hammersmith Palais, Guns of Brixton, Armageddon Time, Bank Robber et beaucoup d'autres sont entrés dans mon patrimoine génétique (à sa naissance mon fils a pleuré "What's my naaaaaame ?". Alors si Paul Simonon reprend du service, même à 52 ans ça m'intéresse.
Ensuite, (ne quittez pas Overfab pour autant), j'ai acheté les Inrocks. Pour l'entretien avec David Lynch. Je passe les 25 premières pages (qui comprennent 8,5 pages de publicité) où on parle du réchauffement climatique, d'Arielle Dombasle, de la Royal, de haute couture, de télé, comme dans tous les magazines auxquels les Inrocks étaient censés ne pas ressembler fut un temps. Bientôt tout sur la nouvelle Renault et les placements qui rapportent vraiment. Et page 26 je tombe sur une grande photo de The Good, the Bad and the Queen. Damon Albarn est bouffi, il est méconnaissable et ne fait pas plus jeune que Paul Simonon qui en revanche semble pêter la forme. Son regard est planté dans l'objectif et son expression est dure sous le panama noir. Suit un article dont la moitié est lisible sur le site du journal en tant que critique du disque.
Ils sont voisins !
On n'y apprend rien. L'article fait à peu près 120 lignes. Dix parlent de la musique et encore la colonne est plus étoite à cet endroit-là et pour le propos c'est léger léger. L'auteur se contente de rapprocher trois morceaux de genres musicaux qu'il connaît et de leur accoler une formule qui montre ce que TGTB&TQ en a fait. ex : "afro beat en candy bar". 110 lignes pour dire que Damon Albarn est l'âme de Blur et Gorillaz, et qu'il a pris un coup de vieux, que Paul Simonon a joué dans the Clash, que Tony Allen était le batteur de Fela Kuti, et que le quatrième membre du groupe est aussi un musicien. 110 lignes ! j'exagère ? comptez vous-même ! Mias ce que je ne dis pas, c'est que quand le journaliste est arrivé le groupe était entrain de prendre une cuite et ça aussi faut que ça se sache. Ah ! j'allais oublier : on apprend aussi que Damon et Paul sont voisins ! Alors ça je trouve ça intéressant parce que moi aussi je fais un groupe avec mes voisins. Il y a une chanteuse new yorkaise, une contrebassiste qui est le prof de musique de mon fils, un batteur qui travaille dans le bâtiment, une deuxième chanteuse qui est la femme du garagiste (mais vraiment sympa, pas du genre à te faire croire que tes amortisseurs sont nases) et qui a vraiment un timbre exceptionnel, un autre chanteur qui est marin mais c'est pas grave, un clavier qui boursicotte pour une banque, comme quoi le quartier n'est pas si bien fréquenté, et moi je fais la guitare (électrique).
Sur le site de TGTB&TQ cinq morceaux sont en libre écoute. Je commence par Herculean. La batterie est belle comme un sample légendaire. C'est bien enregistré et ça emporte le refrain. Par contre la basse de Simmo est un peu plate, la fondamentale et c'est tout mais à la limite d'apesantir le chouette rythme de Tony Allen. Mais il place plusieurs fois des petites descentes de basse comme dans White Man du Clash, des plans bien à lui. Damon produit tout ça façon western, comme dans Guns of Brixton et Bankrobber. On va un peu vers Morricone. Et ça tourne. L'ad lib final emporte mon mojo. Albarn et Simon Tong qui officie aussi dans Gorillaz vous ficellent ça comme il faut sur Pro Tool et ça tourne dans un espace sonore à lampes chaud comme un chalet suisse.
Kingdom of Doom. Là la basse soutient une guitare accoustique. Une petite gamme ascendante attire mon attention sur le refrain. Au niveau guitare ambiance saturée et belle reverb, comme j'aime (à la Clash de Guns of Brixton), avec coups de pied dans le Fender Frontman pour faire résonner le ressort. . Le piano joue des accords sur chaque temps à la fin. Pas de batterie. La guitare accoustique et le piano suffisent à rythmer l'ensemble.
3 changes. Après une intro à l'orgue produit LoFi qui me fait penser à la bande son d'Eraserheads, Tony Allen joue un rythme jazz complexe, un peu bop, en tout cas je serais incapable d'écrire le rythme de caisse claire. Cela fait une base rythmique déséquilibrée et un peu précipitée. La basse est très dub, c'est le rayon de Paulo ça (Crooked beat) , laissez le faire, suivez-le et tout ira bien. La guitare devient fuzz puis wah, le bruit d'ampli est même enregistré brut de décoffrage. Et Damon chante bien. Sur tous les morceaux il chante bien. Il chante bien mieux que dans Blur. Rappelez-vous "Tracy Jaaaaacks" insistait un peu beaucoup sur l'accent de son quartier et disons que la fraîcheur compensait le manque de... de... c'était ni Paul Weller ni Joe Strummer quoi. Et aujourd'hui pas davantage, mais il a affermi son truc. Je me rappelle de Bernard Lenoir disant que ce chanteur serait toujours nul. Il ne l'était déjà pas et maintenant Bernard tu peux commencer ton autocritique. Après le morceau finit en dub, bien carré après disparition du déséquilibre derrière un sample comme entendu à la radio.
Sans doute que l'ensemble du disque est à l'image de ces trois morceaux : la voix de Damon Albarn sur un lit de guitare à effets vintage ou de piano honky tonk , porté par une basse au son dub, plus ou moins complémentaire d'une batterie d'élite. L'ensemble une sorte de folk hétéroclite. On dirait que TGTB&TQ a trouvé un grand coffre plein de chouettes trucs un jour d'hiver dégeulasse où il n'y a rien de mieux à faire que de cocooner contre la mélancholie
Une semaine passa : Après quelques écoutes de l'album on se rend bien compte qu'on a là un disque monotone et soporifique et tous les efforts qu'on a fait pour essayer de construire son opinion n'y font rien Overfab s'emmerde.
Un bon site de critique musicale : ils parlent de la musique ! Ils se nomment Pop news. Comme se sont des bénévoles et qu'ils ne sont pas journalistes ils font bien le travail qu'ils se sont donnés.

ça c'est pareil tout le monde s'en fout, the world won't listen anyway and I'm miserable now, ok c'est pas merveilleux mais ça m'a pris quand même pas mal de temps pour donner une forme à cette petite suite d'accords alors que j'ai un vrai travail moi. oh take me out anywhere I don't care...
Devant l'explosion de la fréquentation de ce morceau et l'absence de commentaires, je n'ai plus qu'à tirer les conclusions qui s'imposent... Alors si vous écoutez 'Imagine your MOZ' s'il vous plaît dites-m'en quelque chose...
>>>FANTASTIC HIFI<<<




